HOPE- Elever l'homme

francois leclercqCe dimanche, dans le cadre de nos publications Hope, nous donnons la parole à François Leclercq, coach et formateur en développement personnel et professionnel

Sur votre site, vous mentionnez que le coaching permet à l’humain de prendre de la hauteur pour redécouvrir son environnement et explorer ses ressources cachées. Pourriez-vous nous en dire plus ?

Oui, c’est intention que je mets dans tous mes accompagnements. Nous tous, dans nos vies, nous avons à un moment donné le « disque dur » qui tourne en rond. J’essaie toujours de travailler dans l’« ici et maintenant » et on fait le point pour aller chercher de la hauteur. Lorsque la personne a pris de la hauteur, elle est en mesure de faire des choix, et ces choix sont porteurs d’énergie. Ce que j‘aime, c’est quand la personne me dit « je ne savais pas que je savais (faire) toutes ces choses » et là, je me dis « C’est bon, nous voilà partis ! ». Je me rends compte que je réalise ma mission lorsque j’observe cela chez les personnes. Le but du coach est de rendre la personne responsable. C’est à partir de ce moment que l’humain devient créatif et que les idées commencent à émerger.

Le coaching parle beaucoup de leadership, d’assertivité et d’esprit d’équipe. Quels sont les « attributs » du nouveau leadership, d ’un bon leader ? Pourquoi est-ce important de développer cela au sein du milieu du travail à notre époque ?

C’est une grande question (rires). Actuellement, nous sommes encore fortement ancrés dans une culture du résultat et de la performance et, ce que je propose, c’est de mettre de la compassion et de l’altruisme dans son leadership. Un manager, lorsqu’il rentre dans sa posture de leader, il doit tout d’abord bien se connaître. L’intention de cette posture de leader est de mettre de l’énergie dans la réalisation de quelque chose. Pour donner un (contre) exemple : Bill Gates ou encore Steve Jobs ont réussi à faire adhérer les gens à leurs rêves, cela a très bien fonctionné, mais j’y observe une certaine dérive. Ils vendent un rêve qui n’est pas le mien, il n’y a pas d’écoute. Bill Gates dirige la philanthropie (attention, je n’ai rien contre la philanthropie) à partir de sa vision uniquement et cela pose problème, car ce n’est pas le monde que je veux voir. De plus, ces personnes ont un pouvoir tel, qu’elles peuvent se permettre d’empêcher la liberté d’expression. C’est pareil avec Bezos, mon rêve n’est pas d’avoir la 5G installée sur la planète et de voir des satellites tourner autour de nous. Donc, où le pouvoir nous amène-t-il ? En termes de leadership cela me pose problème. La compassion et l’altruisme pourraient permettre aux humains d’exprimer ce qu’ils ont en eux, leurs ressources, leurs visions. D’après moi, le leader va obtenir l’adhésion et l’engagement de ses collègues à partir du moment où cette expression sera permise. Développons ensemble un désir profond de sortir l’autre de son mal-être par l’écoute active et l’empathie et allons chercher chez l’autre ce qu’il a de mieux en lui pour l’élever. Je suis un adepte de la culture du partage, être bien avec soi et les autres.

Vous proposez des activités théâtrales en entreprise. Comment cela se passe ? En quoi est-ce que le jeu des acteurs affecte le champ émotionnel des participants ?

Justement, toute l’intention, elle est là. C’est de faire appel à l’émotion, mais une émotion en distance comme au cinéma. En amont, nous - c’est-à-dire une troupe de théâtre - créons une pièce en relation avec un thème qui a été discuté avec le manager ou avec les ressources humaines. Nouscredit Miguel Da Silva utilisons des situations qui ont été vécues dans l’entreprise en prenant compte de l’organisation et de l’environnement de l’entreprise. Et puis, nous vous présentons notre pièce en disant aux participants que nous avons besoin d’eux pour améliorer notre pièce. Nous leur disons que nous, nous sommes que des comédiens, et vous, dans l’entreprise, vous êtes des professionnels, donc, vous savez comment cela se passe. Chaque participant a un buzzer qui est enclenché par le participant lorsqu’il veut donner un conseil. Dès lors, nous arrêtons la pièce de théâtre et nous demandons : Comment devons-nous jouer cette situation ? qu’est-ce que vous voudriez voir ? Qu’est ce que vous faites avec la situation, telle qu’elle est là, ici et maintenant ? Du coup, des débats se créent, nous rejouons, les participants re-buzzent éventuellement, et on fait avancer la scène de la manière dont elle devrait être jouée le mieux possible dans un monde qui serait « vertueux » aux yeux des participants. A la fin, nous faisons un petit retour sur l’apprentissage en demandant aux participants quelles solutions peuvent être utilisées dans le futur. C’est des petites choses, des petites graines qui pourront grandir chez chacun. Je ne suis pas un grand fan de bouleversement radical, j’aime bien travailler ce qui se trouve à l’intérieur de la personne et faire émerger les ressources dont elle dispose. Quelle est la petite chose que vous allez prendre pour vous et qui va vous aider, mais qui est vraie ?

Et je peux vous assurer que c’est incroyable, vous devriez voir l’implication des participants ! Par la distance avec le champ émotionnel, c’est-à-dire, cet effet miroir, la personne n’est pour ainsi dire pas affectée émotionnellement et dès lors, nous ouvrons le champ à la créativité collective.

Notre peur la plus profonde n'est pas d'être seul et incapable. Notre peur la plus profonde, c’est d'être puissant au-delà de toute mesure. C'est notre lumière, pas notre part d'ombre, qui nous effraie le plus. Nous nous demandons : « Qui suis-je pour être brillant, talentueux, fabuleux ? Mais la vraie question devrait être : « Mais en fait, qui êtes-vous pour ne pas l’être ?» Vous êtes un enfant de Dieu. Rester jouer dans votre école maternelle n’offre aucun service au monde d’aujourd’hui. Nous sommes nés pour manifester la gloire de Dieu qui est en nous tous. Quand nous laissons briller notre lumière, les autres ressentent inconsciemment la permission de faire de même. Quand nous nous libérons de notre propre peur, notre présence libère automatiquement les autres.

Marianne Williamson

Est-ce que cela vous inspire ?

Ce que j’aime là-dedans, même si ce n’est pas facile comme discours, c’est que ce texte fait appel à beaucoup de dimensions en soi, comme la partie de l’ombre et la partie de la lumière. Pourquoi restons-nous dans l’ombre au lieu de rechercher la lumière ? On pourrait en parler pendant des heures (rires). C’est aussi dans la démarche du métier que je fais d’aller chercher la lumière, donc cette énergie qui est là - pour ne pas rentrer dans des termes spirituels - à l’intérieur de nous. Pour beaucoup de personnes. Il est plus confortable de rester dans cette part « d’ombre », car on ne prend pas de risques et cela permet de ne pas aller creuser trop profondément à l’intérieur de soi. C’est une zone de confort, et elle peut amener de la dépendance par rapport à l’autre et notre société contribue à nous maintenir dans cette zone. Est-ce que par exemple une prime de fin d’année m’encourage à sortir de ma zone de confort ? ou est-ce juste un petit shoot émotionnel ponctuel ? 

Je pense qu’il a aussi une confusion entre la lumière et l’éblouissement de cette lumière, entre exprimer et prendre du pouvoir. On pourrait aussi se demander : si je dépasse cet espace lumineux qui est le mien, je pourrais peut-être faire du mal aux autres ou devenir orgueilleux et avoir peur de moi-même ? Je vais donc rester petit ! Or, nous avons en nous cette énergie qui est disponible et elle n’a rien à avoir avec le pouvoir que je peux avoir. Je n’ai pas de pouvoir sur les autres, je n’ai du pouvoir que sur la manière que je vais m’autoriser à utiliser pour exprimer ce qui est en moi. C’est l’incarnation et l’expression de soi, tout simplement. C’est une prise de responsabilités, car à partir du moment où on fait cela, il y a le risque de la prise de pouvoir et le risque de la peur du regard de l’autre.

La lumière est toujours là, de toutes les façons, on lui tourne le dos, on reste à observer notre ombre. Dans l’ombre, il y a des choses à voir, on se retourne, l’ombre est toujours là aussi ... il faut l’accepter également.

Il faut rester humble, et c’est pour cela que j’aime travailler l’infiniment petit en soi, qui est tellement puissant. On est constitué de tissus, d’organes, d’os et puis nous avons ce petit truc à l’intérieur de nous, omniprésent. Et ce qui est important, c’est que ce petit truc s’exprime à un moment donné. Il faut l’accepter et le faire rayonner.

Ce discours donne l’autorisation de faire cela :se donner l’autorisation de ce qu’on se donne à soi et de ce que nous pouvons donner aux autres. Ce n’est pas du pouvoir, c’est de la lumière.

 

François Leclercq, coach et formateur en développement personnel et professionnel.

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« La vie subsiste là où il existe un lien, une communion, une fraternité ; elle sera plus forte si elle est bâtie à partir de relations vraies et des liens de fidélité »

Fratelli Tutti 87

 


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