Amazonie sept« Les feux en Amazonie ont atteint en 2019 une dimension nouvelle, incitée par le nouveau président brésilien. Les appels à l’aide de la part des indigènes amazoniens étaient désespérés. » Ainsi nous avions commencé notre information il y a une année.

En 2020, les feux ont repris et nous craignons une nouvelle catastrophe. Pour donner un exemple, à ce jour, uniquement dans la région où travaille notre partenaire Conseil Indigéniste CIMI Goiás-Tocantins, 8.000 incendies ont été identifiés ! Les raisons de cette multitude de feux sont la sécheresse, les températures élevées, le vent fort de la saison, la pénurie d’eau à cause de l’utilisation illégale d’eau des grandes rivières (Rio Araguaia, Rio Formoso, Rio Tocantins) pour l’irrigation des immenses monocultures et les incendies criminels.

Le président brésilien et son gouvernement ne cessent d’inciter à la déforestation et aux incendies dans le but de gagner de l’espace pour l’agro-industrie : plantations de soja, coton, riz et huile de palme ; pâturages pour bovins. Toutes ces productions sont orientées vers l’extérieur parce que dans la crise COVID-19, et profitant de la guerre économique entre les États-Unis et la Chine, il était beaucoup plus profitable d’exporter ces produits. Cela provoque actuellement une hausse des prix des aliments au Brésil parce qu’il y a moins de quantités disponibles sur le marché interne. La facture est à payer par les pauvres ! Ce drame s’exprime également à travers notre projet dans une favela de Rio de Janeiro où les gens – en plus de ne pas avoir l’autorisation d’aller au travail – ne savent plus payer la nourriture et le gaz (de cuisine). Pendant la crise, les familles pauvres ont reçu une aide de 600 R$ par mois (environ 100 USD). Le président - qui de toute façon nie pertinemment la pandémie - veut diminuer cette aide de 50% à un moment où les aliments de base augmentent.

Le gouvernement brésilien ne vient pas en aide à ces régions de l’Amazonie en feu. Le Ministre brésilien  de l’Environnement Ricardo, Salles a même demandé au gouvernement de profiter du fait que toute la presse est braquée sur la pandémie pour continuer à abolir la législation de protection de l’environnement afin de brûler une fois pour toute cette forêt peu productive. Ce discours pervers est documenté par une vidéo libérée à la publication par le Suprême Tribunal de Justice. La politique brésilienne est en train de créer des faits accomplis. La merveilleuse région du Pantanal est en feu : il y avait moins de 200 pompiers mis à disposition pour combattre les 14.500 foyers comptés en 2020… et le gouvernement brésilien ne vient que de libérer une aide financière après avoir été sûr qu’une grande partie de ce paradis écologique soit détruit. Environ 23’500 km2, près de 12% de la plus grande zone humide de la planète, qui s’étend aussi au Paraguay et en Bolivie, sont déjà partis en fumée depuis le début de l’année. Les satellites de l’Institut national de recherches spatiales (INPE) ont identifié du 1er janvier au 13 septembre 14’764 foyers d’incendie dans le Pantanal brésilien, une augmentation de 214% par rapport à la même période de l’année dernière. (https://www.tdg.ch/le-pantanal-bresilien-est-ravage-par-des-incendies-159255294255).

Les indigènes sont triplement atteints ; par un président raciste, par la crise COVID-19 et par les incendies. Beaucoup de peuples indigènes ont décidé de ne plus laisser entrer de blancs dans leurs territoires pour se protéger du virus. Ils ont érigé des barrières sanitaires qu’ils gardent 24 heures sur 24 (exemple : photo en annexe d’une communauté Xerente gardant la barrière sanitaire à l’entrée de leur village). Mais cela dérange sensiblement leur travail sur les champs, la chasse et la pêche. Ils risquent de souffrir de pénuries alimentaires.

Pour cette raison Partage.lu a libéré des fonds pour l’achat ou la confection de masques, de produits hygiéniques et de désinfection et des aides alimentaires.

Une autre réaction des indigènes à la crise COVID-19 est de refuser le transport de leurs malades dans un hôpital et de les garder chez eux, de les traiter avec leurs médicaments et rituels. Les raisons avancées souvent par les indigènes sont : « En allant dans un hôpital, nous sommes confrontés aux préjugés des blancs et au virus ! » Le 17 septembre, le CIMI a avancé les statistiques suivantes pour la région du Tocantins (source : Articulação dos Povos Indígenas do Brasil-APIB): 800 indigènes infectés et 11 décès registrés. Au niveau national, le virus est présent dans 158 peuples indigènes avec 32.000 infectés et 807 décès. Dans la forêt amazonienne se prépare un génocide et une catastrophe écologique qui va nous toucher à tous...

 


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