Photo PG webQualité de vie et nature chez les indigènes du Brésil

Le thème de cette deuxième semaine de campagne est « qualité de vie et nature ». Comme nous n'avons pas eu la possibilité récemment d'interviewer un des indigènes en direct, nous avons posé nos questions à Patrick Godar, responsable des projets au Brésil au sein de la Fondation Partage Luxembourg, qui a vécu pendant quatre ans avec des peuples indigènes au Brésil.

 

Patrick, dans quel sens la préservation de la nature est-elle essentielle pour les peuples indigènes?
Avant de répondre aux questions, j’aimerais préciser qu’il y a plus de 307 peuples indigènes, rien qu’au Brésil, qui ont une cosmologie et des mythologies différentes, ainsi que des vécus et points de vue divers. Le peuple que je connais le mieux et avec qui travaille la Fondation Partage Luxembourg est le peuple des Xerente. Je me réfère donc à leur vision et leur philosophie de la vie dans mes réponses de cet entretien.
La façon dont les peuples indigènes envisagent la nature est totalement différente de la manière de voir des « hommes blancs », des peuples occidentaux. En fait, les peuples indigènes forment partie intégrante de la nature, ils sont liés étroitement à cette nature, car ils la considèrent comme une mère. Nous, les « blancs », voyons la nature comme se trouvant à l’extérieur de nous-mêmes, alors que l’indigène se trouve à l’intérieur de cette nature, il en est un élément. Vu que les populations indigènes considèrent la nature comme leur mère, ils ne peuvent pas comprendre le traitement que « l’homme blanc » lui réserve. Pour eux, c’est inconcevable, car on ne blesse pas sa mère, on ne peut pas vendre sa mère !
Pour l’indigène, la nature ne peut pas être considérée comme une propriété privée d’une ou de plusieurs personnes. La relation envers la nature est radicalement opposée à celle des occidentaux : pour un indigène, il est primordial de préserver la nature, comme elle est sa mère et comme elle est la source de toute vie. Elle fait vivre l’indigène, car elle constitue leur habitat, elle fournit leur espace vital, donc on ne peut pas la détruire.
Foto 6 Proqueram a BR 153 em protextoDSC01022De quoi ont besoin les indigènes pour pouvoir bénéficier d’une bonne qualité de vie ?
Les indigènes ont d’abord et surtout besoin d’un territoire, d’un espace où ils peuvent vivre. Cet espace doit nécessairement avoir une nature intacte et protégée. Afin de pouvoir vivre sur leur terre, il leur faut une législation qui protège cette terre qui leur est indispensable pour pouvoir bénéficier d’une bonne qualité de vie.
La constitution de 1988 garantit aux indigènes ce droit à la terre. Cette terre ne leur appartient pas, mais elle est mise à leur disposition par la Fédération du Brésil. Néanmoins depuis quelques années, ce droit à la terre des peuples indigènes est menacé. Les territoires qui leur sont destinés, les « réserves indigènes », sont en train de devenir des îles, menacées par l’agrobusiness et les grands-propriétaires qui cherchent à s’en accaparer.
Pour les indigènes, la valeur suprême est justement la qualité dans la vie (espace, nature et spiritualité), et non pas les progrès techniques ou les biens, mais ce que les peuples en Amérique latine appellent le « bem viver » (« el buen vivir »), le fait de pouvoir « bien vivre ».

Qu’est-ce qu’un indigène entend par « luxe » - qu’est-ce qui serait du « luxe » pour lui ?
En fait, l’indigène ne connaît pas ce terme : luxe. Comme par « luxe », on entend quelque chose auquel tout le monde n’a pas accès, c’est une expression inconnue dans le monde des peuples indigènes.
Evidemment, pour les indigènes qui sont entrés en contact avec notre monde occidental, le luxe se traduit par l’accès aux technologies modernes, comme par exemple avoir un téléphone portable. Un autre luxe serait de pouvoir voyager, pas nécessairement à l’étranger, mais plutôt le fait de pouvoir rendre visite à d’autres peuples indigènes.
Pour les jeunes indigènes ayant fait des études, trouver un travail constitue un luxe, comme malheureusement, les indigènes sont souvent encore discriminés dans le monde des occidentaux et l’accès à des emplois chez les « blancs » reste difficile pour eux.

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