Mon arrivée au Brésil, à Rio de Janeiro, au CACEF ...

Témoignage de Catarina, en Service Volontaire de Coopération au CACEF à Rio. Période du 18 mars au 28 avril 2016.
Malgré la fatigue, je suis impatiente et quelque part nerveuse de voir le projet et de rencontrer enfin les enfants et mes futurs collègues de travail du CACEF (Centro de Atividades Comunitárias "Esperança do Futuro").

img 7379-fdab4Je commence à anticiper de fortes émotions car j´ai quitté le Luxembourg avec une simple idée de ce qui m´attends, celle-ci étant forgée grâce aux expériences et récits que Patrick Godar, responsable du projet à Rio, a pu partager avec moi au cours de nombreux entretiens et conversations avant mon départ au Brésil.
En route vers le CACEF, je découvre les lieux. Le Morro São Carlos qui se situe en hauteur, comme plupart des favelas à Rio, me permet d´admirer quelques vues impressionnantes sur la communauté et le quartier même.On m'explique que l´autoconstruction n´est pas autorisée dans les quartiers périphériques de Rio, ce qui a amené beaucoup de gens à construire leurs baraques sur les collines qui entourent les différents quartiers. Une des premières choses qui m'a fascinée à Rio dès mon arrivée et encore aujourd´hui, quatre semaines plus tard, est l'organisation et l´architecture des favelas, et la façon dont les maisons sont construites. C´est tout de même impressionant de voir le nombre de maisonettes qui sont bâties illégalement en-dessous d´énormes poteaux électriques, sans oublier la façon selon laquelle beaucoup de ces familles sont obligées de rechercher le matériel nécessaire et, souvent, d'improviser les techniques de construction pour pouvoir se créer un toit de leur propre initiative.
À l´entrée de la favela sont rassemblés des officiers de la UPP (Unité de Police Pacificatrice), armés de gros calibres et munis de gilets pare-balles. Je ne suis toujours pas sûre si cela m´inspire un sentiment de confiance et de sécurité ou plutôt le contraire, surtout après avoir entendu les expériences de plusieurs personnes face à des forces de l´ordre, connues pour leur pouvoir corrompu et leur façon de faire plutôt violente. C'est la réalité des communautés de Rio : la violence entre les narcotrafiquants et la police règne et cohabite avec la peur des habitants des favelas depuis des années.
Me voilà arrivée au CACEF qui a été fondée il y a un peu plus de 20 ans et se situe non loin de l´entrée de la favela. Le foyer de jour ouvre ses portes le matin vers 8h-8h30 et ferme à environ 16h30. Actuellement le projet accueille régulièrement 80 à 90 enfants de 1 à 16 ans, mais cela peut varier, dépendant de différents facteurs. Ces facteurs sont, par exemple, l'apparition d´épidémies et de certaines maladies (notamment les virus Zika, Dengue et le H1N1 qui affectent actuellement beaucoup de familles des zones pauvres de Rio. Il faut préciser que, malheureusement, les favelas et leurs communautés ne bénéficient pratiquement pas des actions de désinfection mises en place par les autorités en vue de lutter contre les moustiques par exemple), les situations socio-politiques dans le pays (de nombreuses grèves dans le secteur socio-éducatif ainsi que des services publiques qui affectent directement l'enseignement et le suivi scolaire de beaucoup d´enfants et de jeunes) et puis l'absence d'une structure familiale stable.
BD Cacef jvalente MG 2910 compresseLes béneficiaires du projet sont des enfants qui habitent dans les ruelles proches du CACEF et tous fréquentent des écoles publiques de la zone d'Estácio e Tijuca. Les enfants et les jeunes de ce milieu sont inévitablement marqués par les difficultés de la vie dans la rue, le règne du trafic de drogues et d'armes, les habitudes malsaines auxquelles ils sont exposés dès leur plus jeune âge. Il y a des situations très difficiles de familles impliquées dans des groupes de narcotrafiquants et des activités illégales, mais il existe aussi de nombreux parents qui luttent pour protéger leurs enfants de cette réalité violente et criminelle: des parents qui font d'interminables trajets pour travailler pendant de longues heures afin de subvenir aux besoins de leur famille, afin de pouvoir scolariser leurs enfants et leur offrir un avenir meilleur.
J´ai l´impression que le travail du CACEF est plus que respecté dans ce milieu pauvre et instable des bidonvilles, et c'est vrai que le CACEF offre un contexte pédagogique et socio-éducatif important pour la jeunesse des favelas qui permet à beaucoup de parents de partir au travail rassurés, sachant que leurs enfants sont en sécurité et bien encadrés par les éducateurs et professeurs du CACEF. Une grande variété d´activités sont organisées par le CACEF telles que :

  • des séances de soutien scolaire (révision des devoirs à domicile, réponses aux difficultés des élèves, appui et suivi pour les enfants qui échappent au système scolaire etc.)
  • cours de langue anglaise et appui scolaire en anglais
  • cours d´informatique (qui débuteront bientôt grâce aux nouvelles installations d´ordinateurs)
  • ateliers d´artisanat et peinture
  • séance de cinéma et culture brésilienne
  • ateliers de capoeira
  • autres activités physiques et interactives.

Je vais rester encore deux mois au CACEF et j'espère pouvoir vous en raconter plus bientôt.

Catarina Sánchez de Oliveira
Service Volontaire de Coopération au Brésil

 Photos: ©Jorge Valente

 

 


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