
Inuka : « Relève toi et progresse ! »
Les guerres civiles qui secouent la Région des Grands Lacs depuis de nombreuses années ont provoqué un exode massif des populations, au 1er rang desquelles les femmes et les enfants. Même si la situation évolue doucement et que l’on peut constater des progrès dans la région, les combats reprennent périodiquement et la jeunesse souffre encore pleinement des effets de ces crises antérieures, desquelles découlent diverses formes de vulnérabilités. La pauvreté extrême des ménages de la Province du Nord Kivu (RDC), consécutive à plusieurs années d’instabilité politico-sociale, est à la base de la plupart des misères dont souffre la population et accentue singulièrement l’irresponsabilité des parents envers leurs enfants, et particulièrement envers leurs filles qui cumulent les discriminations et les désavantages. Pourtant, on le sait, l’avenir de l’homme ou de la femme dépend de ce qu’a été son enfance et ces enfants, abandonnés, violentés et/ou rejetés, constituent dès lors un réel risque pour la société congolaise de demain.Le constat est clair : le retour de ces jeunes filles, accompagnées le cas échéant de leurs fratries, dans leur milieu d’origine et le relèvement du niveau économique des familles, permettant l’intégration harmonieuse de tous, sont essentiels pour encourager une dynamique pacifique de reconstruction et de stabilité dans la région.
Forte d’un partenariat Sud-Sud avec la Maison Shalom de Marguerite Barankitse au Burundi, EALE crée INUKA en 2005 pour appuyer et protéger ces jeunes filles et enfants fragilisés, abandonnés, déplacés et les réinsérer dans leur communauté d’origine :
- en leur offrant un lieu d’accueil, d’autonomisation et d’accompagnement psychologique ;
- en recherchant leur famille ou communauté d’origine et en accompagnant leur réinsertion au sein de celles-ci ;
- en soutenant leur scolarité et/ou leur formation professionnelle ;
- en les sensibilisant à la paix et la cohabitation pacifique ;
- en soutenant les familles les plus vulnérables avec des vivres et non-vivres selon leurs besoins ;
- en proposant aux familles et communautés de réinsertion des mutuelles de solidarité qui allient microfinance et micro-assurance.
En offrant une alternative saine d’accueil et d’autonomisation aux enfants (en traitant également leurs traumatismes physiques et mentaux), en accompagnant leur réinsertion familiale et, plus largement, en offrant une perspective de relèvement communautaire aux communautés locales, il devient envisageable d’extraire ces enfants et ces jeunes de la spirale de violence pour leur offrir un avenir plus stable et prospère sur le long terme, cette dynamique positive bénéficiant ainsi directement à l’ensemble de la communauté.


1) Les filles ou jeunes femmes vulnérables, âgées de 3 à 18 ans, abandonnées, abusées sexuellement, rejetées par la famille, déplacées ou orphelines.


