Les luttes, combats, attaques armées, viols et pillages n’ont pas cessé à l’Est de la RDC au Sud-Kivu depuis la fin officielle de la Deuxième Guerre du Congo (1993-2003). Les violences sexuelles sont une arme de guerre qui reste très répandue. Après les viols, la plupart du temps d’une cruauté inimaginable, les femmes sont souvent rejetées par leurs maris et leurs communautés. Elles souffrent aussi de traumatismes et de graves séquelles physiques. Il n’arrive pas rarement non plus que les femmes se retrouvent enceintes, l’enfant n’étant évidemment pas accepté ni par la famille de la femme, ni par la communauté. Les femmes qui sont ainsi devenues victimes, n’arrivent plus à travailler sur les champs, parce qu’elles sont traumatisées et que les attaques se sont souvent passées dans ces mêmes champs et parce que leur état physique ne leur permet plus de grands efforts.
Toute la situation de conflit génère une grande pauvreté. Cela entraîne que les enfants ne peuvent pas fréquenter l’école parce que leurs parents ne parviennent pas à leur procurer les affaires scolaires, l’uniforme, les chaussures qui sont nécessaires pour être admis à l’école.
Afin de répondre à cette détresse de la population des territoires de Fizi, Uvira et Walungu au Sud-Kivu, SEDI (Solidarité-Echange pour une Développement Intégral) s’est donné une triple stratégie :
- Afin de créer une sensibilité aux droits de l’homme et plus particulièrement aux droits de la femme et des enfants, SEDI propose des formations sur les droits de l’homme, des femmes et des enfants ainsi que sur les lois spécifiques devant protéger les femmes et rétribuer les crimes commis à leur encontre. Ces formations ont aussi comme but de faire comprendre que la femme est la victime du viol, qu’elle n’y est pas complice et qu’il n’est pas juste de l’abandonner et de la renvoyer à la suite d’une telle attaque.
- SEDI soutient les femmes en détresse. A la Maison d’écoute de Baraka, elles peuvent trouver une femme compétente pour les écouter, si nécessaire on les aide à obtenir les soins médicaux appropriés et SEDI propose un encadrement psychologique pour dépasser le stade de traumatisme.
- Finalement, afin de réduire les effets négatifs des conflits sur toute la famille, SEDI soutient la scolarité des enfants avec la Mutuelle Scolaire (appelée MUSCO, association de parents d’élèves qui aide les parents à financer le paiement des frais scolaires s’ils n’ont pas l’argent nécessaire dans les délais exigés pour le payement des frais scolaires des enfants), ainsi il est évité que les enfants soient empêchés de suivre les cours pendant les jours ou semaines qu’il faut à leurs parents pour trouver l’argent nécessaire à ces paiements. L’étape suivante, les micro-crédits doivent permettre aux parents d’élèves de commencer des activités génératrices de revenus pour ainsi en arriver à subvenir eux-mêmes à leurs besoins.
Partage.lu soutient le projet de SEDI dans le cadre du Consortium « Fridden an der Welt » en collaboration avec Caritas Luxembourg.









